1881: Procès-Verbal De la Commission chargée de rétablir Diverses Bornes sur la frontière Entre la France et la Principauté de Monaco.
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[Cover page:]Frontière franco-monégasque - Rétablissement de diverses bornes frontières - P.V. du 16 Mars 1881. -
- 16 Mars 1881
Procès-Verbal De la Commission chargée de rétablir Diverses Bornes sur la frontière Entre la France et la Principauté de Monaco.
L’an mil huit cent quatre vingt un et le seize du mois de Mars.
Les soussignés:
Le Roy, Secrétaire Général de la Préfecture de Nice,
Vigan, ingénieur en Chef Des Ponts et Chaussiers,
Wagner, Lieutenant-Colonel Du Génie,
Délégués par M. le Préfet Des Alpes-Maritimes; et les soussignés:
Durand-Auzias, Secrétaire Général du Gouvernement de Monaco,
Doubin, Commandant des Gardes d’honneur de S.A.S.
Garrus, Inspecteur des Travaux Publics,
Délégués par Son Excellence M. le Gouverneur Général de la Principauté de Monaco;
ont procédé contradictoirement à l’examen de la frontière Ouest séparant le territoire Français du territoire Monégasque
entre les bornes N°1 et 2, à l’effet de rétablir dans la position qui lui a été assignée par le procès-verbal de délimitation de la dite frontière, daté du 1er Août 1828, la borne N°1 qui a disparu.
La borne N°2 a servi de premier jalon dans cette opération, en faisant connaître la direction de la borne à rétablir; mais cette indication a été reconnue insuffisante à raison de la faible longueur de la ligne gravée sur la pierre.
La Commission a par conséquent examiné si aucun autre renseignement ne pouvait l’aider à retrouver la direction de la ligne frontière entre les bornes N°2 et 1 sur-mentionnées, et à déterminer par suite l’emplacement de cette dernière.
Le Plan parcellaire du Chemin de fer P.L.M., dressé il y a une douzaine d’années, plan qui indique la position de la susdite frontière, lui a paru présenter toute
garantie à cet égard.
Ce plan ayant été ecrit sous les yeux de la Commission, il a été reconnu que le terme N°1 placé au Kilomètre 14, entre les hectomètres 5 et 6 à 22m à l’aval de l’axe de la voie ferrée, était précisément sur la frontière cherchée.
En reliant par une ligne droite, au moyen de jalons, ce terme avec la borne frontière N°2 qui n’a point varié, on devait retrouver nécessairement le tracé de cette partie de la frontière.
Cette opération faite sur le terrain, il a été constaté que la ligne trouvée était bien dans la direction indiquée par la ligne gravée sur la borne N°2.
Si sur cette ligne on mesure, en partant de la borne N°2, la distance qui sépare cette borne de la borne N°1, on doit retomber sur cette dernière borne. Mais, ici encore, la procès-verbal de 1828 n’est pas d’une exactitude mathématique; car la distance de 151 mètres qui y est
relatée, comme séparant les deux bornes en question n’a pas été mesurée sur le terrain, mais seulement prise graphiquement sur une carte à l’échelle de 1/10,000.
Néanmoins, la Commissione a fait mesurer cette distance, et le point obtenu qui devait correspondre à l’emplacement de la borne N°1 cherchée, correspond au bord du fossé de la voie ferrée, en un point où il est certain que la borne n’existait pas. Car si elle eût existé sur ce point, où le terrain naturel est resté dans son ancien état, on l’y verrait encore.
Il eut fallut, par conséquent, supposer une distance autre que 151m et faire pratiquer des fouilles sur la direction de la ligne frontière déterminée ci-dessus. D’après les renseignements recueillis, la borne N°1 ayant été enterrée sous les remblais de la nouvelle route, remblais dont la hauteur est
de 4m environ en cet endroit, les fouilles auraient occasionné une dépense assez forte.
La Commission a pensé qu’il était plus simple de poser une nouvelle borne sur le bord du trottoir de ladite route et de la répérer par rapport aux lieux environnants.
Si on abaisse du milieu de la porte du Cimetière de monaco une perpendiculaire sur la bordure de trottoir de la route, qu’à partir du pied de cette perpendiculaire on mesure vers l’Ouest une longueur de 24,09m et enfin que par l’extrêmité de cette longueur on élève une perpendiculaire de 1,75m, on obtient le centre de la nouvelle borne.
La distance de cette nouvelle borne à la borne N°2 est de 145,20m.
Ce dessin ci-joint indique les diverses dispositions relatées au cours du présent procès-verbal, ainsi que les
repères dont il y est question.
Rétablissement de la Borne N°27.
La borne N°27 étant tombée dans le vallon de la Rousse à la suite d’un éboulement et replacée provisoirement, la Commission a été appelée à déterminer exactement sa position.
Aux termes du procès-verbal de 1828, cette borne est distante de 55m de la borne N°26 et de 90m de la borne N°28.
En décrivant par conséquent deux arcs de cercle, l’un en prenant la borne N°26 comme centre avec un rayon de 55m et l’autre, en prenant la borne N°28 comme centre avec un rayon de 90m, le point d’intersection de ces deux arcs doit être l’emplacement cherché de la borne N°27.
Cette opération faite exactement sur le terrain a donné le résultat
demandé.
La Commission n’a point trouvé les vestiges de l’ancienne borne, par la raison sans doute qu’ils ont été emportés dans le vallon de la Rousse en même temps que les terres éboulées; mais le point obtenu concorde avec les indications contenues dans le procès-verbal précité et de plus, il se trouve dans la direction indiquée par le trait gravé sur la borne N°26.
La Commission a donc été unanime à replacer la borne au nouveau point trouvé.
L’attention de la Commission a été appelée par les délégués de la Principauté sur les bornes N°32 et 34, qui avaient été signalées par Mr. le Préfet des Alpes-Maritimes comme ayant été enlevées, et sur la borne N°36 qui, déplacée en 1844 par suite d’un éboulement du sol sur lequel elle était placée, et perdue, a été
remplacée par une borne provisoire il y a une année environ.
Bornes N°32 – 34.
La Commission a reconnu que les bornes 32 et 34 étaient encore en place et qu’elles n’avaient pas été touchées.
Borne N°36.
En ce qui a trait à la borne N°36, la Commission a procédé à la recherche de sa position exacte.
Pour arriver à ce résultat, elle avait en mains deux éléments: 1: la direction des bornes N°35 et 37 dont l’intersection devait donner l’emplacement de la borne N°36; 2: la distance
de cette borne aux deux premières qui est de 48m de la borne N°35 à la borne N°36, et de 25m de cette borne à la borne N°37, d’après le procès-verbal de 1828.
Malheureusement ce dernier élément, qui eût fait foi si les distances avaient été mesurées sur le terrain; n’est plus qu’une base [incertaine] lorsque les distances sont prises graphiquement sur une carte à l’échelle de 1/10,000, et c’est le cas actuel.
La Commission s’est donc servie seulement du 1er élément et elle a cherché par le prolongement des traits gravés sur les bornes N°35 et 37, le point de rencontre de ces deux bornes.
Ce point obtenu, il a été [constaté] que sa distance à la borne N°35 était de 62,80m, que sa distance à la borne N°37 était de 38,50m et que l’angle que fait cette borne avec la précédente et la suivante est de 116:20’.
Des recherches ayant été faites sur les terrains environnants, l’ancienne borne à moitié enterrée dans le sol a été decouverte.
Cette borne placée au point nouvellement obtenu par le point de rencontre des directions des bornes N°35 et 37, il a été constaté en dirigeant l’un des traits gravés sur cette pierre vers la borne N°37, que l’autre trait suivait très sensiblement la direction de la borne N°35, ce qui donne une certitude presque absolue que ce point est vraiment celui sur lequel était placée cette borne.
La Commission n’ayant pas d’autres éléments de vérification sous la main, et les résultats obtenus lui paraissant satisfaisants a décidé de maintenair le point trouvé, lequel, ainsi qu’il est dit
ci-dessus, est situé par conséquent à 62,80m de la borne N°35 et à 38,50m de la borne N°37. L’angle formé par ces deux directions ayant son sommet à la borne N°36 est de 116:20’.Signé: Le Roy. ~ Vigan ~ Wagner. ~
- Durand-Anzias, ~ Doubin, ~ Garrus.
Pour Copie conforme à l’original,
Le Secrétaire Général. ~
Durand Anzias
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